Fondatrice et muse

Madeleine DaigneaultTrichons un peu, Madeleine n’est plus employée à temps plein. Mais elle ne peut s’empêcher de continuer, à 96 ans, de s’informer et de conseiller. Elle se raconte : « Durant la Deuxième Guerre, mon père étant décédé et ma mère malade, ma sœur Juliette et moi avons alors décidé de fonder une chocolaterie plutôt que de continuer à œuvrer pour un confiseur du centre-ville. Pourquoi Andrée ? À l’époque, ce prénom avait une consonance jeune et d’avant-garde, autant masculine que féminine, anglophone et francophone. » Stratégique ! Maintenant, imaginons un instant Madeleine, femme d’affaires, qui chaque matin partait en transport en commun de Richelieu jusqu’à l’adresse actuelle, avenue du Parc. « Nous avons raffiné nos techniques et nos connaissances au fil des ans, en nous basant sur des recettes inspirées des traditions européennes. » Stéphanie possède toujours ces volumes anciens, annotés, utilisés à cette époque. Évidemment, à titre d’institution montréalaise depuis 1940, la liste des personnalités qui ont maintes fois apprécié Chocolats Andrée est longue. Et on préfère préserver leur anonymat. « Plusieurs premiers ministres et politiciens s’en procuraient, tout comme une panoplie de vedettes nationales et internationales, des milieux culturels, financiers, politiques et sportifs. » Comme ils sont encore nombreux aujourd’hui, préservons ici notre devoir de réserve. « Ils étaient les préférés d’un premier ministre du Canada et de ses fils, dont les épouses viennent encore aujourd’hui nous rendre visite… ». Mais nous n’en dirons pas plus.